Passion chez les pionniers du Judo en Charente Maritime, Charente, Deux Sèvres et Vienne. Suivi de l'Ecole du Chat.
Sur la photo, au centre, André DEBARD, Shozo AWAZU et Minosuke KAWAISHI. On aperçoit à droite, le visage rond de Louis LUCOT.
André DEBARD et Shozo AWAZU« Un extraordinaire champion japonais est actuellement en France, le Maître Shozo Awazu Shi Han, ceinture noire 6° dan, c'est-à-dire 6° échelon dans la ceinture noire. C’est un grade très élevé : il suffit de savoir que Mr De Herdt, champion de France toutes catégories, est 3° dan, ce qui représente environ 15 années de pratique et des qualités exceptionnelles (Il n’y a actuellement que 13 français 3° dan).
Les 6 dan de M. Awazu sont des dan de compétition.
Né le 18 avril 1923, il a commencé le Judo à 11 ans, et il passait sa ceinture noire 1° dan à 13 ans !
Au 1° championnat individuel au Japon en mai 1948, il est alors 5° dan, et se classe parmi les huit meilleurs combattants japonais.
C’est un évènement exceptionnel que d’avoir en France un judoka d’une telle classe. Les Parisiens l’ont compris lorsqu’ils sont allés 20 000 au Vel’ d’Hiv le 21 octobre dernier applaudir Awazu dans sa compétition contre les 10 meilleurs ceintures noires françaises.
Ici à La Rochelle, le professeur Awazu fera compétition contre quinze judokas qui ne seront pas tous ceintures noires, mais notamment un 2° dan A. Debard, un 1° dan, le professeur de Nantes Mr Le Pichon, plusieurs ceintures marron, et tout ce que le sud ouest environnant compte de plus efficace en fait de judoka,– ce qui n’est pas mal étant donné qu’il en aura 15 !
Le jeune Maître Awazu a l’habitude de se concentrer profondément avant d’aborder le premier adversaire ; il a l’air d’accomplir une mission en vue d’un idéal de perfection. Une fois la série commencée, c’est une avalanche de points, tous aussi beaux et nets les uns que les autres.
Ses 3 « spéciaux » sont 1er de jambe (le premier mouvement que l’on apprend aux débutants), le 5° de hanche (tellement enroulé qu’il se retrouve au sol lui-même après avoir projeté) et au sol, une immobilisation bâtarde qui rappelle la 7°. Mais il pratique avec bonheur une longue série d’autres projections, clés et étranglements.
Sa gentillesse, sa simplicité, son rire franc ont conquis d’emblée tous ceux qui l’ont approché.
Il ne comprenait pas un mot de français à son arrivée, mais cet hiver il a fréquenté avec assiduité l’Ecole Berlitz, ce qui lui permet de comprendre quelques brides de conversation, et de pousser, en signe d’intelligence, de grands « kôôôôô » qui signifient « ah ! ».
JMO