Passion chez les pionniers du Judo en Charente Maritime, Charente, Deux Sèvres et Vienne. Suivi de l'Ecole du Chat.
"Le 28 novembre 1951, l’un des grands courriers qui assurait la liaison avec l’Extrême Orient accostait à Marseille.
ISHIRO ABE, se tenait dans sa cabine des premières classes de la « Marseillaise », le navire sur lequel il avait voyagé. Il était sept heures, et dans l’air frais du matin, quelques mouettes dessinaient des arabesques dans un de ces ciels clairs du soleil levant.
Un steward conduisait M. LASSERRE vers la cabine de M. ABE.
M. LASSERRE était chargé d’accueillir l’envoyé du Kodokan à Marseille et de l’accompagner à l’Institut du Kodokan à Toulouse."
La note de courtoisie de cette rencontre a du être extrême. Le sourire d’ISHIRO ABE, son aspect de gentleman habillé sobrement et une allure qui respirait la netteté, ont certainement séduit d’emblée M. LASSERRE.
De toute évidence, ce dernier avait été déjà impressionné par le palmarès de cet homme de 29 ans qui venait étudier dans nos universités : 1,70 m, 69 kg, il était 1° dan à 15 ans (en 1937), 2° dan à 16 ans, 3° dan à 18 ans, 4° dan à 20 ans, 5° dan à 25 ans, 6° dan à 28 ans.
Quant au Maître et aux professeurs d’Ishiro ABE, ils fournissaient de sérieuses références aux Français : M. NAGAOKA 10° dan, HASHIMOTO 9° dan, OTAKI 7° dan, MATSUMOTO 7° dan.
Plusieurs fois finaliste du Championnat du japon, M. ABE était très populaire au Kodokan. Et bien que 6° dan, sa simplicité ne lui faisait porter qu’une simple ceinture noire.
Lors de cette première rencontre, le moment d’embarras de M. LASSERRE a été certainement de courte durée, car après avoir formulé les quelques phrases en Japonais, qu’il avait apprises par cœur , et dont il avait pu se souvenir, la conversation s’est poursuivie en anglais. M. ABE comprenait le Français et parlait l’anglais.
Si l’arrivée de M. ABE se situe en novembre 1951, c’est probablement dans les mois qui ont suivi qu’André DEBARD s’est rendu à Toulouse. Certainement après le premier Championnat d’Europe de décembre 1951. Donc vraisemblablement en 1952.
Et à la liste des visiteurs prestigieux au SUDOKAN - M KURIHARA (9° dan), KAWAISHI (7° dan), AWAZU (6° dan) - s’ajoutaient celles de M. et Mme LEVANNIER, BELAUD, CHAMUZEAU et DEBARD.
Un peu plus tard, pendant plus d’un mois et demi, André DEBARD est resté travailler à TOULOUSE, avec Ishiro ABE. A à son retour, il annonçait à M. LECHEVREL - un de ses bons élèves qui l’avait remplacé pour les cours à La Rochelle - : « LECHEVREL, il faut tout oublier de ce que je vous ai appris, et il faut que vous alliez à Toulouse.».
M. DEBARD avait un nouveau Maître, Ishiro ABE.