Pour ce stage de La Rochelle, l'interview faite auprès de Claude Bouchet en Janvier 2006, et rapportée dans l'article N° 26 de notre site, nous fait comprendre la "magie" du judo. Une magie qui se situe dans l'acte. L'esprit cherche toujours à expliquer le pourquoi. Mais ce qui est terrible, c'est que lorsque l'on commence à comprendre le "pourquoi d'une efficacité" on commence aussi à perdre cette "magie du savoir faire" qui est plus proche de la sensation et de l'intuition que de l'explication. Rappelons les propos de Claude Bouchet :
« Sato, ça devait être en 56, car j’ai passé la noire en 56, et c’est Sato qui me l’a faite passer. Il était terrible, tu ne le sentais pas. Il te tenait légèrement, et puis hop, un petit appel du poignet, et tchac ! tu te retrouvais par terre. Alors bon, tu te relevais, tu te disais que tu allais faire attention et tchac ! ça recommençait. Et tu retournais sur le bord du tapis après l’avoir salué, ne comprenant pas comment il pouvait être aussi rapide. Et puis il y avait Vedeau qui était à la salle, moi je venais de passer 1° dan, mais lui était noire 2° dan, il était à moitié chauve et donnait des cours à Saintes. Il faisait aussi de la lutte... Donc Vedeau va inviter Maître Sato, et tchac ! Ko Soto Gake et voilà Vedeau par terre, tout 2° dan qu’il était ! J’ai alors compris que Maître Sato était extraordinairement fort. Sa vitesse était stupéfiante. "
L'explication du professeur qui a pu sentir une technique est plus vraie que celle de celui qui part de sa simple logique. L'élève, bien sûr, a besoin des directives de son professeur pour "sentir" une technique, mais l'élève ne doit pas "intellectualiser" trop tôt son propre mouvement.
Le Ko Soto Gake de M. André Debard